3 questions à Axel Lion, enseignant d'activité physique adaptée au Centre Léon Bérard

Axel Lion est enseignant d’activité physique adaptée au Centre Léon Bérard.
Chaque année, avec les autres enseignants d’activité physique adaptée (EAPA), il accompagne plusieurs dizaines de patients avec comme support des pratiques sportives pour les aider à réintégrer l’activité physique au quotidien, pendant et après leur cancer.

 

Bonjour Axel, pouvez-vous d’abord nous expliquer les principales différences entre une séance de sport classique et l’activité physique adaptée que vous proposez au Centre Léon Bérard ?

 

Bonjour !

Je dirais déjà qu’il y a plusieurs niveaux d’adaptation quand on parle d’activité adaptée.

D’abord, et c’est probablement quelque chose qui relève simplement du bon sens, nous allons proposer des modalités d’adaptation, donc de simplification ou de complexification pendant la séance pour que chacun puisse trouver son compte dans un groupe hétérogène.

Cela permet aussi de proposer aux participants une progression tout au long des séances, ce qui est très important.

Je dirais aussi que l’activité physique adaptée puise ses spécificités dans les expertises collectives et les politiques de santé. Cela signifie que l’on ne va pas choisir un type d’activité par hasard mais en fonction des filières énergétiques qu’il permet de mobiliser en se basant sur les études scientifiques et les recommandations actuelles.

Il est important de noter que l’on va aussi toujours essayer d’être dans des activités ludiques, de plaisir. Par exemple, on sait qu’il faut faire un travail d’endurance avec les personnes, on pourrait très bien les mettre sur un vélo d’appartement pendant 1 heure et on aurait les bénéfices attendus mais ça n’aurait aucun sens parce qu’il n’y aurait aucun plaisir dans la pratique et ça ne pourrait pas s’inscrire dans la durée. Alors que si on fait du step ou de la zumba, il y a un côté ludique et cela peut s’inscrire dans le temps.

Enfin, et c’est peut-être le plus important, c’est l’adaptation pédagogique.
D’habitude, quand vous suivez un cours de sport, vous devez répéter les mouvements de l’encadrant, point. Dans de l’activité physique adaptée, telle que nous la proposons au Centre Léon Bérard, on s’oriente vers une pédagogie très différente en essayant d’inclure les participants et en développant leurs compétences pour qu’ils soient eux-mêmes capables de mener la séance, de l’encadrer ou de la créer.

L’idée est qu’à la fin du programme d’APA, les patients possèdent un petit bagage d’éducateur sportif et qu’ils puissent eux-mêmes créer leur séance, connaître les postures, les bons mouvements et s’approprier les pratiques.

 

Est-ce que certaines personnes atteintes d’un cancer viennent vous voir avec des freins, des réticences à la pratique d’une activité physique ?

Quand ils démarrent, les patients posent souvent la question « est ce que cela ne va pas être trop dur pour moi ? » ou « j’imagine que ça va être adapté, mais qu’est-ce que vous faites exactement ? » voire « je ne faisais aucune activité physique avant, comment je peux faire maintenant ? ».

Nous sommes là pour balayer leurs représentations et leurs idées reçues !

Oui, bien évidemment, vous pouvez venir au cours d’activité physique même si vous avez une vie sédentaire. En réalité, quand on parle d’activité physique, on englobe aussi tout ce qui relève de la vie quotidienne, et plein de moyens nous permettent d’être en mouvement et d’atteindre rapidement les recommandations de l’OMS.

Il faut aussi garder en tête que la pratique d’une activité physique, ancrée dans son quotidien, permet d’apporter du plaisir aux participants et un mieux-être bien plus important que ce qu’ils pouvaient penser au départ, ainsi qu’une diminution de leur fatigue.
A partir du moment où les patients trouvent du sens dans une pratique, alors elle va s’inscrire légitimement dans la durée et c’est exactement ce que nous recherchons.

 

Est-ce qu’il y a néanmoins des contre-indications à la pratique d’une activité sportive pendant un cancer ?

Les contres indications sont les mêmes que pour la population générale.
Lorsque l’on possède un PIC ou un PAC, il n’y a aucun problème à pratiquer une activité sportive. De la même façon, ce sont des questions qui reviennent souvent, il a été prouvé que l’activité physique réduirait le risque de lymphœdème (ou syndrome du gros bras) et permettrait d’améliorer la mobilité du bras lésé.

Néanmoins il y a des contre-indications absolues mais qui sont liées à des pathologies associées, comme des pathologies cardiaques ou pulmonaires non-stabilisées (insuffisance cardiaque, dyspnée à l’effort), des pathologies osseuses…

Nous demandons donc un certificat médical de non-contre-indication obligatoire avant de démarrer le programme pour chaque patient.

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