Cancer du col de l'utérus : 3 questions au Dr Rousset-Jablonski

Pour répondre aux questions que vous vous posiez sur le cancer du col de l'utérus, qui touche 3 000 femmes chaque année en France, nous sommes allés à la rencontre du Dr Christine Rousset-Jablonski, gynécologue au Centre Léon Bérard.

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelles sont les particularités du cancer du col de l’utérus ?

Le cancer du col de l’utérus n’est pas un cancer héréditaire et il est lié, dans plus de 95 % des cas, à une infection par des virus de la famille des papillomavirus humain, ou HPV. Ces virus sont transmis par voie sexuelle, ce qui fait que ce cancer est une maladie sexuellement transmissible.

L’autre particularité est que ce cancer évolue très lentement. Le dépistage par frottis est donc efficace car on peut dépister à des stades pré-cancéreux et ainsi éviter aux femmes de développer un cancer avec des interventions minimes, comme du laser ou une conisation (qui consiste à enlever un bout de col).

Enfin, il est important de noter que ce cancer peut être évité par la vaccination, qui va protéger contre les principaux virus HPV à haut risque. Le vaccin est proposé entre 11 et 14 ans et peut être proposé en rattrapage jusqu’à 19 ans, idéalement avant les premiers rapports sexuels. Le vaccin va permettre de protéger contre les lésions de bas-grade et de haut-grade ainsi que contre les condylomes, lésions génitales externes bénignes.

D’ailleurs aux Etats-Unis, la vaccination est aussi proposée aux garçons, à la fois pour les protéger contre les condylomes, mais aussi pour le cancer du canal anal, ou encore pour limiter la diffusion de l’HPV aux femmes. Il faut noter par ailleurs que le virus HPV est aussi une cause de cancer ORL lors de pratiques sexuelles bucco-génitales.

 

Pourquoi un frottis tous les 3 ans est-il suffisant ?

Comme c’est un cancer qui évolue très lentement, on peut voir, à l’aide d’un frottis, s’il existe déjà des lésions : on va alors détecter des lésions bien avant d’arriver au stade du cancer.

Chez des patientes qui ont déjà eu des frottis anormaux ou des problèmes de col, on peut proposer un frottis plus régulièrement, ainsi que chez des patientes séropositives ou sous traitements immunosuppresseurs (des traitements qui vont venir abaisser les défenses immunitaires, pour une personne ayant subi une greffe par exemple).

De très nombreuses femmes auront un virus HPV au cours de leur vie mais ne développerons pas pour autant un cancer. En fait, le système immunitaire du patient parvient le plus souvent à éliminer ces virus une fois que la patiente a été exposée.
Cependant, certaines affections peuvent persister et provoquer des lésions précancéreuses puis des lésions cancéreuses du col de l’utérus. La surveillance par frottis est donc efficace et suffisante tous les 3 ans, sauf pour les cas particuliers que j'ai pu évoquer.

 

Un dépistage organisé du cancer du col de l’utérus va être proposé en France dès 2018 à toutes les femmes pour que le frottis, l’examen permettant de détecter des lésions, soit mieux suivi.
Quel serait l’intérêt de ce dépistage organisé ?

 

Aujourd’hui, le taux de couverture des frottis en France est de 60 % : cela veut donc dire que des milliers de femmes ne sont absolument pas suivies correctement.

Ce dépistage organisé a déjà été fait dans certains départements pilotes et permettrait d’augmenter considérablement cette couverture.

Concrètement, cela peut permettre de toucher par exemple des femmes qui, après leur grossesse, n’ont absolument aucun suivi gynécologique, des femmes qui vivent malheureusement dans un désert médical, des femmes ménopausées ou âgées qui ne vont plus voir leur gynécologue car elles n’utilisent plus de contraception ou encore des femmes qui ne sont pas informées sur l’intérêt des frottis.
Il est possible d’éviter ce cancer par des moyens simples : il est important que les femmes en soient correctement informées.

 

Le cancer du col de l’utérus touche environ 3 000 patientes par an en France et est responsable de 1 100 décès.
Les frottis réguliers (tous les 3 ans) et le vaccin proposé aux jeunes filles de 11 à 14 ans et en rattrapage jusqu’à 19 ans sont les seuls moyens de prévention efficaces.
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