1958-2018 : le Centre Léon Bérard fête ses 60 ans sur son site actuel.

Retour sur la période 1923 -1958.


Le 26 mai 1958, le Centre Léon Bérard ouvrait officiellement ses portes au 28 rue Laënnec dans le 8ème arrondissement du Lyon. Si l’année 2018 est l’occasion de fêter les 60 ans de l’installation du Centre dans ses propres locaux, il est aussi intéressant de remonter jusqu’à 1923, date de la création par le Pr Léon Bérard du 2ème Centre anticancéreux de France. Car si le Centre fête ses 60 ans sur son site actuel, cela ne signifie pas pour autant qu’il n’existait pas avant cette date. 

Création du 2ème centre anticancéreux de France


En 1923, le professeur Léon Bérard, qui était chirurgien et l’un des pionniers de la lutte contre le cancer, inaugure sous le grand Dôme de l’Hôtel-Dieu de Lyon le 2ème centre anticancéreux français, après celui de Bordeaux. Ce centre dispose pour l’heure de 60 lits. Léon Bérard est alors l’un des premiers médecins à comprendre qu’il faut proposer une prise en charge globale de la maladie aux personnes atteintes d’un cancer, une maladie très mal connue à l’époque et victime de nombreux préjugés.

Douze ans plus tard en 1935, Léon Bérard aménage un nouveau centre pour pouvoir accueillir plus de patients dans l’un des pavillons de l’hôpital Edouard Herriot. Il est doté d’appareils de radiothérapie à grand rendement et d’un service de chirurgie moderne. Grâce à l’association lyonnaise de lutte contre le cancer, le centre va bénéficier de l’une des premières dotations importantes de radium, arme puissante contre le cancer du col utérin et les cancers de la muqueuse buccale. Les patients affluent et le centre de l’Hôtel-Dieu devient vite trop petit. 
 

Qui est Léon Bérard ?

Né en 1870, Léon Bérard a commencé ses études de médecine en 1888 et devient chirurgien des hôpitaux en 1901. Il travaille sur des sujets variés : extraction des projectiles de guerre, vascularisation des viscères, classification des tumeurs osseuses, chirurgie du goitre thyroïdien, ostéomalacie infantile… et rédige des ouvrages de référence dont « L’appendicite, étude clinique et critique ».

Son intérêt pour la tuberculose pulmonaire et le développement de la technique de thoracoplastie lui valent d’être considéré comme l’un des pionniers de la chirurgie thoracique.

Mais Léon Bérard s’est aussi consacré aux maladies cancéreuses. Il fut un concepteur avant-gardiste de l’association des traitements et précurseur de ce que nous appelons aujourd’hui la pluridisciplinarité. Dès 1917, il organisait des radiothérapies et des curiethérapies pour les cancers du col de l’utérus.

 

 

Un établissement dédié aux traitements des cancers pour faire face à la demande


Lorsque le professeur Léon Bérard prend sa retraite en 1940, ce nouveau centre est déjà saturé en à peine 5 ans. Avec son successeur, le professeur Paul Santy, il participera au projet de construction d’un nouveau bâtiment, sur un terrain indépendant cette fois des Hospices Civils de Lyon, à proximité de la Faculté de Médecine, rue Laënnec. La construction de ce nouveau centre commence en 1950. C’est au mois de mai 1958, deux ans après la mort de Léon Bérard, que le Centre anticancéreux Léon Bérard sera inauguré avec une capacité de 300 lits

Soixante ans plus tard, le Centre occupe toujours ces locaux et poursuit son développement. Il représente désormais une surface totale de 61 541 m² (soit l’équivalent de 9 stades de foot) dont 15 000 m² dédiés à la recherche. Centre référent dans le traitement des cancers pour la région Rhône-Alpes, il est centre expert national dans le traitement des cancers de l'ovaire et les sarcomes. Il accueille chaque année plus de 30 000 patients et propose une prise en charge globale allant du diagnostic à l’après traitement. 

Les dons et le Centre Léon Bérard


Les dons ont depuis toujours joué un rôle essentiel dans le développement de la médecine en général et de la recherche en particulier. Les écrits historiques datant de l’époque du Professeur Léon Bérard, nous permettent par exemple d’apprendre que les soutiens financiers provenant de la « Ligue Lyonnaise contre le cancer » ou d’individus comme Auguste Lumière lui-même avaient permis entre autre de financer son service et de le doter en radium. Léon Bérard et son épouse sont d’ailleurs très influents dans la vie caritative lyonnaise et savent mobiliser leurs contacts pour obtenir les fonds nécessaires au développement de projets médicaux et scientifiques innovants.


Aujourd’hui, en 2018, les dons et legs perçus par le Centre Léon Bérard pour soutenir ses programmes de recherche représentent plusieurs millions d’euros et permettent de financer, en moyenne chaque année, plus de 15% du budget de la recherche. Il s’agit d’une source de revenus essentielle pour financer une recherche de pointe comme celle menée au Centre Léon Bérard.

 

 

 

Léon Bérard vu par son ami Auguste Lumière

Des liens d’amitié très forts unissaient Léon Bérard et les Frères Lumière, inventeurs du cinéma en 1895. Grâce au concours direct d’Auguste Lumière, Léon Bérard fut vraisemblablement le premier chirurgien à faire filmer ses opérations chirurgicales.
Auguste Lumière parlait d’ailleurs de son ami en ces termes :
"Maitre admirable dont la haute science, la technique impeccable, le talent de présentation et d’exposition en ont fait le plus brillant, le plus éblouissant instructeur que j’ai jamais connu". 

Léon Bérard vu par ses pairs

"En acceptant malgré les critiques et les sarcasmes, de soigner ces quelques désespérés, avec les faibles moyens dont il disposait alors, il mérite bien d’être considéré comme l’un des fondateurs de la lutte anti-cancéreuse en France. Nos centres suscitent encore des campagnes hostiles et lorsque ces calomnies me découragent, je pense à la force d’âme qu’il lui a fallu pour persévérer et je reprends courage". Marcel Dargent, Directeur du centre Léon Bérard de 1958 à 1972.

 

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