Rencontre avec un chercheur

Depuis le 1er janvier 2014, Mathieu Gabut dirige sa propre équipe de recherche, « Diversité du transcriptome des cellules souches », composée de 8 personnes. Il nous explique son parcours et son quotidien en tant que jeune chef d’équipe au Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon (dont le CLB est l'une des quatre tutelles).

« Après des études en Suède, à Montpellier puis au Canada sur le fonctionnement des cellules souches, j’ai obtenu le concours de l’Inserm. De retour en France, j’ai décidé de créer mon équipe de recherche dans l’objectif de mieux comprendre les mécanismes qui contrôlent les cellules souches normales et les cellules souches responsables de pathologies. Je m’intéresse aux cellules souches cancéreuses responsables de tumeurs du cerveau agressives, en particulier le glioblastome, afin de pouvoir définir de nouvelles stratégies thérapeutiques pour soigner ces cancers plus efficacement et accroitre la durée de vie des patients.

Le saviez-vous ?

Le glioblastome est une tumeur primaire du cerveau extrêmement agressive qui touche chaque année 2 500 personnes en France. Cette maladie peut survenir à tout âge mais la grande majorité des personnes atteintes ont entre 45 et 70 ans. Elle fait partie des maladies rares mais reste la forme la plus fréquente de tumeur primaire du cerveau (c’est à dire qui ne résulte pas de la propagation d’une première tumeur) avec un taux de survie extrêmement faible, inférieur à 4% 5 ans après le diagnostic initial.

Quel lien y’a-t-il entre ce type de tumeur et les cellules souches ?

Les cellules souches peuvent devenir cancéreuses avec le temps. elles ont alors la capacité d’induire la formation de tumeurs et éventuellement de les disséminer dans l’organisme (on parle alors de métastases). Ces cellules sont de redoutables adversaires car très résistantes aux traitements de type chimiothérapie ou radiothérapie. L’objectif est de mieux les détecter pour mieux les cibler afin de ralentir le développement des tumeurs à croissance rapide telles que le glioblastome, et d’empêcher leur réapparition à l’issue des traitements.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de diriger une équipe ?

Je dirais principalement l’envie d’aller plus loin dans mes recherches, dans mes hypothèses scientifiques, et de transmettre ces connaissances à une nouvelle génération de chercheurs. Avant de me lancer je me suis posé beaucoup de questions car créer son équipe suppose beaucoup de responsabilités, vis-à-vis des étudiants et chercheurs qui composent l’équipe, et des patients et de leurs familles, dont l’espérance et la qualité de vie dépendent des soins mais également des avancées de la recherche médicale qui proviennent de nos laboratoires. 

On entend souvent dire que trouver des financements est la partie la plus chronophage et la plus difficile pour un chef d’équipe, êtes-vous d’accord avec cela ?

Il existe plusieurs choses prenantes quand on devient chef d’équipe. La recherche de financements prend en effet beaucoup de temps, mais c’est ce qui nous permet de faire fonctionner l’équipe, de démarrer ou renforcer des projet. A cela s’ajoute beaucoup de travail administratif. C’est un petit peu usant nerveusement d’être au four et au moulin mais il faut savoir rester patient, motivé et focalisé sur les objectifs scientifiques.

Quels sont vos financements actuels et à quoi vous servent-ils ?

Nous avons besoin de financements pour sécuriser les postes dans l’équipe. Les sources de financement sont multiples et si on cumule l’ensemble de ceux perçus par mon équipe sur une année, on se rend compte qu’environ 70% proviennent des dons reçus par des organismes faisant appel à la générosité du public comme le Centre Léon Bérard et d’autres associations.

On semble loin de la représentation du chercheur en laboratoire dans sa blouse blanche…

En effet, il faut savoir gérer des projets scientifiques, des budgets, des personnes, prendre en compte leurs avis, se former, former ses collaborateurs, accepter de quitter le laboratoire pour passer beaucoup de temps à remplir des demandes de financements et administratives en tout genre. Quand on crée son équipe de recherche on s’apparente plus à un chef d’une petite entreprise."

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