Comprendre le traitement des plaies et la prise en charge de la cicatrisation

Le Centre Léon Bérard dispose depuis plusieurs années d’une infirmière référente « plaies et cicatrisation ». Charlène BIGEARD-CHEVALLAY assure cette fonction depuis 2013, à mi-temps, au sein du DISSPO.

A l'occasion des 10 ans du DISSPO ( le Département interdisciplinaire de soins de support du patient en oncologie) elle nous a reçus pour mieux comprendre les missions d’une IDE référente « plaies et cicatrisation » et l’intérêt d’un poste dévolu  à la prise en charge des plaies chroniques en cancérologie.

Bonjour Charlène Bigeard, vous êtes référente au CLB sur le sujet des plaies et de leurs prises en charge, comment intervenez-vous auprès des patients ?

Charlène Bigeard : J’interviens auprès de tous patients porteurs de plaie et nécessitant un avis concernant la prise en charge, le plus souvent à la demande des équipes médicales ou paramédicales concernant une plaie complexe ou présentant un retard de cicatrisation (plaie chronique).

Il est fréquent que je sois interpelée par les équipes pour un avis concernant une plaie d’origine cancéreuse, mais il peut aussi s’agir d’autres plaies telles que les escarres, ulcères, plaies diabétiques… malheureusement souvent compliquées par le contexte de la maladie cancéreuse et les traitements en cours.

Je me déplace dans tous les services du Centre Léon Bérard et de l’IHOPe, à la demande des soignants médicaux ou paramédicaux. Pour les patients hospitalisés, j’interviens en binôme avec l’IDE (infirmière) en charge du patient, ce qui me permet d’analyser la situation, de comprendre le contexte de la maladie, les traitements en cours, et de rechercher des facteurs aggravants. Cela nécessite une évaluation rigoureuse. Je propose alors un avis en fonction des manifestations constatées, des symptômes vécus comme gênants pour le patient et des contraintes liées au patient ou aux soins en cours. Ce travail se fait en lien avec l’équipe médicale en charge du patient.

J’ai également une consultation « plaies chroniques » avec le Dr Combemale, dermatologue au CLB, chaque mardi après-midi, ouvertes aux patients suivis au CLB et nécessitant un avis ou suivi en ambulatoire.

Je  peux également être contactée par les infirmiers libéraux, qui ont en charge des patients suivis au CLB et qui rencontrent des difficultés quant à la prise en charge de plaies complexes à domicile. Nous décidons alors ensemble de la conduite à tenir.

 

« Concernant les plaies, la prévention est essentielle.
Il faut garder en tête que pour les plaies non cancéreuses, continuer la chimiothérapie et donc par de ce fait mettre les patients en aplasie (diminution de la production de cellule sanguine entrainant une diminution des défenses immunitaires NDRL) va rendre la cicatrisation difficile.
On peut alors être malheureusement obligé d’arrêter temporairement les traitements contre le cancer du patient pour éviter qu’une plaie ne se surinfecte »

Pouvez-vous nous expliquer vos principales missions ?

Charlène Bigeard : J’ai avant tout une mission de conseils et d’informations, auprès des équipes soignantes et auprès des patients. Mon rôle, en tant qu’infirmière référente dans l’établissement, est de connaitre et proposer des stratégies de prise en charge adaptées permettant, selon les cas, de favoriser la cicatrisation et d’améliorer la qualité de vie des patients porteurs de plaies.

En ce sens, j’ai aussi une mission d’enseignement, sur des temps dédiés de formations, ce qui permet de sensibiliser les équipes soignantes au développement des mesures préventives. Il est primordial de repérer et d’évaluer, le plus tôt  possible, les risques de développer une plaie chronique (escarre) qui peut, parfois, compromettre le traitement anti-cancéreux.

J’assure également, s’il y a lieu, les suivis, en consultation ou lors d’hospitalisation notamment lors de la venue des patients en hôpital de jour pour l’administration de leur traitement.

Outre le geste technique, le soin d’une plaie complexe est aussi un moment où le patient peut exprimer ses émotions, ses difficultés, ses incompréhensions, ses craintes ou ses inconforts. C’est aussi un temps de conseils et parfois d’éducation thérapeutique qui permet de rendre le patient acteur de sa prise en charge.

Quelles évolutions se mettent en place sur ce sujet spécifique ?

Charlène Bigeard : Les progrès médicaux et chirurgicaux, l’arrivée de nouvelles thérapeutiques anti-cancéreuses, le diagnostic précoce et le renforcement du suivi ont un impact positif considérable sur la prise en charge des plaies d’origine tumorale. La plaie cancéreuse étant le reflet extérieur de la maladie cancéreuse, les pansements mis en place n’auront pas pour objectif de permettre la cicatrisation mais de prendre en charge les symptômes gênants, douloureux ou invalidants la vie quotidienne.

Le développement de nouvelles techniques favorisant la cicatrisation, je pense notamment à la thérapie par pression négative qui consiste à placer sur une plaie un pansement spécial qui va induire une pression inférieure à la pression atmosphérique et accélérer la cicatrisation,  a permis également d’améliorer la prise en charge de certaines plaies chroniques, tels que les escarres, ulcères ou plaies du pied diabétique.

Pour découvrir la suite de notre dossier sur les 10 ans du DISSPO, cliquez ici

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