[Recherche] La recherche clinique au Centre Léon Bérard, "une réelle opportunité pour les patients de bénéficier de traitements novateurs".

La recherche clinique est une étape importante en cancérologie puisqu’elle permet de mesurer la tolérance et l’efficacité des médicaments auprès des patients dans le cadre d’essais cliniques. Le Centre Léon Bérard est investigateur mais également promoteur d’essais, c’est-à-dire qu’il gère les essais de leur conception à leur clôture. Actuellement, 30 protocoles sont « Centre Léon Bérard Promoteur » et plus de 200 essais cliniques sont ouverts chaque année au CLB. En 2015, plus de 24% des patients pris en charge ont été inclus dans des essais cliniques, ce qui place le Centre Léon Bérard dans le peloton de tête des Centres de lutte contre le cancer en termes de recrutement.
David Pérol, actuel directeur de la Recherche Clinique et de l’Innovation revient plus en détail sur le fonctionnement des essais cliniques au Centre Léon Bérard.

Près de 25 % des patients suivis au CLB participent aux essais cliniques, en quoi cela contribue-t-il aux avancées de la recherche ?
En participant à ces essais, les patients nous permettent de suivre de façon précise l’efficacité de ces nouvelles molécules sur leur tumeurs et d’apprendre à mieux gérer leurs effets secondaires. L’essai clinique c’est la voie d’accès aux thérapies innovantes. Au Centre Léon Bérard, ce chiffre de 24 % est largement supérieure à la moyenne nationale (<10%), et c’est une réelle opportunité pour les patients de bénéficier de traitements novateurs. Le Centre est reconnu comme un établissement performant. Il est aussi promoteur d’essais européens notamment sur le traitement des cancers du sein, ou de tumeurs plus rares tels les sarcomes ou certaines tumeurs cérébrales comme l’épendymome.

Pouvez-vous nous expliquer les différentes types d’essai clinique ?
Tout d’abord, les essais cliniques en cancérologie ont une spécifité importante : ils sont d’emblée proposés aux personnes atteintes de cancer, et ce dès la première administration à l’homme, alors que pour la grande majorité des autres pathologies les tests sont d’abord effectués chez des volontaires sains.
Les essais cliniques sont organisés en différentes phases afin d’évaluer tout d’abord la tolérance du médicament, puis son efficacité.

La première étape est l’essai dit de « phase I ». Cette étape ne concerne qu’un petit nombre de personnes, répondant des critères précis (âge, type de cancer, stade de la tumeur, autres traitements en cours…). Pour un même patient, ces essais durent généralement quelques semaines, et permettent d’étudier la tolérance du traitement chez l’homme. Ces essais ne peuvent être réalisés que dans des établissements agréés et expérimentés comme le Centre Léon Bérard.
La deuxième étape, la « phase II », rassemble entre 100 et quelques centaines de patients. Cette fois-ci le but est de recueillir des données préliminaires sur l’efficacité du traitement, sur une durée d’un à deux ans environ.
Enfin, la dernière phase dite « phase III », permet de comparer directement le traitement, sa tolérance et son efficacité, par rapport aux traitements de référence pour un cancer donné. Cette phase va concerner en moyenne de 400 à plus de 1 000 patients.
Si les résultats de ces différentes ph
ases concordent positivement, une autorisation de mise sur le marché (AMM) sera accordée au laboratoire pharmaceutique qui développe le nouveau traitement. Au total, tester un nouveau médicament en suivant ces différentes étapes peut durer environ 5 ans et coûter plusieurs centaines de millions d’euros.


L’engagement des patients dans un essai clinique peut-il être pour eux un facteur déterminant dans le traitement du cancer ?
C'est évident. Les essais cliniques permettent de bénéficier d’un accès rapide à des traitements innovants. Les patients sont encadrés par un protocole très rigoureux avec un suivi constant de la personne malade par des professionnels spécialisés, médecins, infirmiers, techniciens de recherche clinique. Les patients sont toujours dans une démarche volontaire quand ils débutent l’essai car ils ont l’espoir de pouvoir bénéficier des avancées de la recherche.

Pouvez-vous nous parler plus concrètement d’un traitement mis en place après un essai clinique ?
Il est difficile de n’en retenir qu’un mais on peut parler de l’étude ELYPSE 7 qui a montré des résultats très positifs dans certains cancers du sein de stade avancé. L’objectif de ce traitement est de renforcer le potentiel immunitaire du malade afin de l’aider à mieux affronter la chimiothérapie, souvent lourde et très dégradante physiquement. L’étude a ouvert des perspectives thérapeutiques encourageantes. Le Centre Léon Bérard est promoteur de cet essai, la molécule testée étant fournie par le laboratoire pharmaceutique qui la développe.

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